Et si, pour planter massivement des arbres, il fallait commencer par planter beaucoup plus petit ? 🌱
Dans la Meuse, nous voulons expérimenter une méthode simple : planter 5 000 jeunes arbres par an le long des routes et des chemins.
Des plants à faible coût, protégés et tuteurés, plantés par nos bénévoles, avec un objectif : changer d’échelle face au dérèglement climatique.
Le coût est de seulement 3,50 à 4 € par arbre.
Nous recherchons aujourd’hui des fondations, entreprises et mécènes prêts à financer cette expérimentation.
Qui pourrait nous aider à planter les premiers 5 000 arbres ?
L’association des Croqueurs de Pommes de la Meuse est particulièrement active dans la sauvegarde et la replantation des variétés fruitières anciennes.
Nous travaillons notamment à la multiplication de ces variétés à partir de porte-greffes de type franc, afin de produire des arbres de plein vent, plus robustes et plus résilients face au dérèglement climatique grâce à leur enracinement profond.
Nous multiplions ces arbres avec des pépiniéristes partenaires auxquels nous fournissons les greffons nécessaires. Les arbres produits sont ensuite proposés à des particuliers, mais également à des agriculteurs en polyculture-élevage afin de reconstituer des pré-vergers, associant arbres fruitiers et prairies.
Ces systèmes constituent, selon nous, une véritable alternative aux vergers modernes intensifs : ils permettent de produire des fruits, notamment en agriculture biologique, tout en contribuant à la biodiversité, au stockage du carbone et à la constitution d’un patrimoine économique transmissible aux générations futures.
Nous implantons également des arbres fruitiers en alignement le long des routes et des chemins, en partenariat avec le Conseil départemental de la Meuse et l’ADA de Stenay-Montmédy. Ces arbres peuvent devenir, à terme, des arbres de maraude, tout en participant à la structuration et à la qualité des paysages.
Notre association s’intéresse également à la replantation d’essences forestières en alignement le long des routes, toujours en concertation avec les acteurs départementaux concernés.




Nous sommes convaincus qu’il faut replanter massivement : des centaines de millions d’arbres et des milliers de kilomètres de haies, tout en protégeant les haies existantes, en cessant les abattages injustifiés d’arbres le long des routes et en limitant les coupes à blanc en forêt.
Mais une question devient désormais prioritaire : comment assurer la survie des arbres que nous plantons face à des canicules et des sécheresses qui se répètent et s’intensifient ?
Notre expérience récente nous conduit à nous interroger sur les modèles actuels de plantation.
La plantation d’arbres déjà bien développés, par exemple en calibre 10/12, implique des investissements et une logistique importants : tuteurs conséquents, paillage, BRF ou compost, dispositifs d’arrosage au niveau des racines et plusieurs arrosages au cours des deux premières années.
Encore faut-il disposer de la main-d’œuvre nécessaire pour assurer ces arrosages, et pouvoir les réaliser malgré les restrictions préfectorales qui peuvent intervenir lors des épisodes de sécheresse.
Cette approche augmente considérablement le coût de chaque plantation et limite mécaniquement le nombre d’arbres que nous pouvons planter. Elle devient d’autant plus problématique que les financements publics sont de plus en plus difficiles à mobiliser.
À cela s’ajoute une autre difficulté : la complexité et la lenteur administrative de nombreux dispositifs de plantation. Le temps consacré à la constitution et au suivi des dossiers peut parfois être disproportionné par rapport au temps réellement nécessaire pour planter les arbres.
Nous pensons donc qu’il faut expérimenter une approche différente : plus simple, moins coûteuse, plus rapide et permettant de planter beaucoup plus d’arbres.
Les Croqueurs de Pommes de la Meuse souhaitent mettre en place une campagne de plantation massive d’arbres le long des routes départementales, en utilisant non pas des arbres déjà développés, mais de très jeunes plants forestiers (scions).
Le principe serait particulièrement simple :
des plants forestiers de petite taille, d’un coût de l’ordre de 1,20 à 1,50 € par plant ;
des essences adaptées à nos territoires : chêne sessile, érable champêtre, érable plane, érable sycomore, tilleul à petites ou grandes feuilles, poirier sauvage, cormier, alisier torminal, etc. ;
un petit tuteur, par exemple en acacia ;
une protection contre le gibier, à retirer après trois ou quatre ans ;
aucun autre intrant et, par principe, pas d’arrosage prévu.
Nous limiterions les plantations aux mois de novembre et décembre, période qui nous paraît la plus favorable à la reprise des très jeunes plants.
Notre expérience nous conduit à penser que ces jeunes arbres disposent d’une bonne capacité de reprise, notamment parce que leur système racinaire est peu perturbé par rapport à celui d’arbres plus âgés transplantés en racines nues.
Bien entendu, cette méthode implique d’accepter une certaine mortalité.
Dans les conditions climatiques que nous avons connues en 2026, il est possible qu’une proportion importante des plants ne survive pas, peut-être de l’ordre de 30 à 40 %. Mais cette perte doit être mise en perspective avec le coût initial.
Il vaut mieux perdre un plant à 1,50 € qu’un arbre à 40 € ou davantage, auquel auront été ajoutés des frais importants de plantation, de tuteurage, de paillage et d’arrosage.
La logique est donc celle d’une plantation massive, peu coûteuse et résiliente par le nombre, plutôt que celle d’un petit nombre d’arbres coûteux dont la survie nécessite des moyens importants.
Les Croqueurs de Pommes disposent d’un réseau de bénévoles permettant d’envisager une capacité de plantation très importante.
Nous estimons pouvoir planter jusqu’à 1 000 arbres en une seule journée, sous réserve naturellement de disposer des plants et du matériel nécessaires et d’avoir préalablement identifié les secteurs autorisés.
Notre objectif serait ainsi d’atteindre progressivement 5 000 arbres plantés par an dans le département de la Meuse, principalement en alignement le long des routes.
Ce projet a déjà été présenté et mis en discussion avec les différents acteurs concernés par l’aménagement et la gestion du territoire.
Les dispositifs publics existants ne semblent aujourd’hui pas adaptés à ce modèle de plantation massive à très faible coût. Les Régions, Départements et autres financeurs publics ne disposent pas, à notre connaissance, de programmes permettant de financer ce type d’opération dans les conditions envisagées.
Nous souhaitons donc identifier des donateurs, fondations ou entreprises mécènes susceptibles de financer ce type d’action, et éventuellement à construire avec eux un partenariat.
L’objectif serait de pouvoir financer 100 % du coût de plantation, soit environ 3,50 € par arbre, comprenant :
le jeune plant ;
le tuteur ;
la protection contre le gibier.
Avec un tel financement, 5 000 € permettraient de planter environ 1 400 arbres, et 17 500 € permettraient d’atteindre notre objectif annuel de 5 000 arbres.
Notre ambition est de démontrer qu’il est possible, avec un budget relativement limité et une forte mobilisation bénévole, de changer d’échelle et de planter des milliers d’arbres chaque année, tout en expérimentant une méthode davantage adaptée aux conditions climatiques auxquelles nous devons désormais faire face.
Si vous avez des idées, n’hésitez pas à les partager avec nous.
Les Croqueurs de Pommes de la Meuse


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